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Confidences


Il y a des regards qui parlent comme des mots. Des regards désespérés ou affamés. Il y a des regards aimables des regards affreux et ceux que l'on jette, au hasard, souvent pour mater. Il y en a plein d'amitié, ceux qui sont complices amusés. Des regards d'amoureux qui rendent le monde plus doux et plus harmonieux. Il y a, hélas, les regards… tous ces regards, comme honteux, que nous évitons trop souvent.


Des mots ! Il y a des mots qui font pleurer, ceux que l'on dit, comme ça, sans y penser, ceux qui séparent et ceux qui rendent malheureux. Il y a les mots que l'on prononce malencontreusement et qui laissent tellement de regrets. Il y a aussi les mots que l'on voudrait tellement dire et ceux que dire, on n'osera jamais. Sans parler de ceux que l'on souhaiterait n'avoir jamais dit, tous ces mots qui nous ont trahis ou punis. Ceux-ci, essayons de ne jamais les dire sans réfléchir.


Écrivons-les, pour peser leur sens et mesurer leur portée ! Pour les adoucir et les améliorer. En écrivant, nous réfléchissons au goût le plus probable que chacun leur trouvera. En écrivant, d'une tournure ou d'un synonyme aucun non-dit ne s'évadera nous évitant ainsi d'écrire des choses qui en parlant nous échapperaient.


Il y a les mots pour tout, des simples et gais qui rendent un éclairage heureux, d'autres font sourire et aimer. Ceux-là, il est impératif de les cultiver, de les écrire, les conjuguer à tous les modes, au présent au futur, bien sûr, en évitant le passé, les redire et les réécrire sans jamais nous lasser.

Simplement parce que écrire pour nous, c'est parlé avec des phrases où notre seul imaginaire s'inscrit entre les lignes. Des mots qui nous aident à vivre notre vie comme nous la rêvons. En écrivant, nous gardons des traces palpables des mirages, des songes de la nuit, des fantasmes de toutes les envies que la vie nous apporte. L'écriture colore notre paysage de la teinte que nous aimons lui prêter, donnant de la lumière aux jours et aux nuits en inspirant nos pensées. Nous créons un monde d'imagination où nous habitons au moins le temps d'y écrire le mot fin.

Chaque nuit, ma plume rangée, la vie s'éloigne un peu plus de moi, chaque jour, elle revient se réfugier entre mes espaces et sous mes accents pour contredire ce que dont j'ai rêvé. Les émois se dissolvent en quelques points de suspension, le temps, la pluie et les jours gris sont entre parenthèses. Le soleil de la grammaire et du vocabulaire, c'est comme une amitié qui ferait tellement briller mes jours assoiffés de clarté. Le bleu est dans ma tête et surtout dans mes phrases et dans mes interlignes. Comme un l'arc-en-ciel, dans des cieux mouillés, l'alphabet inonde mes joies et mes peines. Les mots savent traduire l'émotion, la beauté, la joie et le drame. Comédie ! Sans doute, mais le spectacle est si beau que je me laisse prendre aux mots. Qu'ils soient en vers ou en prose, qu'importe, chacun trace les mots qui lui ressemblent, un chat, écrit pas comme un cochon !

Avec ma plume, pourquoi imaginer la misère du monde, je préfère qu'elle soit sentimentale, amusante de drôle. Quant à la grossièreté, si elle se parle couramment, elle ne s'écrit jamais.

Des phrases méchantes, je n'en coucherai point sur le papier parce que pour moi, tous les mots sont mes amis et entre amis, on ne s'insulte pas.

Les mots sont infiniment plus charmants quand ils parlent d'amour, de tendresse et de jolis sentiments. Ils réunissent ceux qui les aiment dans les pages d'un livre et nous permettent d'imaginer les plus belles choses qui pourraient nous arriver.

Je ne dis pas « mes mots », je préfère dire « les », parce qu'ils ne sont à personne, pas plus à vous qu'à moi. Ils sont à ceux qui ont le courage de les prendre pour les torturer en tous sens, les conjuguer, les évaluer, afin que l'histoire finie, leur suite ressemble à une chose synonyme de bonne lecture.

J'aime tous les mots, Dieu fasse que quelqu'un aime un peu les miens. Plus forts, plus costauds, plus grands et plus beaux, plus résistants aussi, me rendent mes pages en chassant mes tourments et exhortant mon imagination à se surpasser. Simplement pour donner l'envie aux lecteurs de tourner la page, encore et encore, pour se repaître d'une belle histoire, jusqu'à la fin du bouquin.

Non… ! Croyez-moi, il n'y a jamais de fin, je sais que les mots n'ont pas de bout du chemin, nous pouvons combiner à l'infini consonnes et voyelles. Quand l'histoire est terminée sur cette page-ci, elle recommence ailleurs sur cette page-là, avec les mêmes outils.

Comme un miracle, vingt-six lettres assemblées d'une façon gentille, c'est la joie et le rire, d'une façon tragique, c'est la tristesse et les larmes. Un assemblage versatile qui peut être délicat ou agressif, tendre ou méchant selon l'humeur de l'amoureux des mots qui s'acharne à la tâche en prenant de la hauteur simplement pour ne pas rédiger d'écrits vains.

Peu importe la manière et le ton ! Vidons nos encriers et nos stylos, pillons le vocabulaire, usons et abusons de notre belle langue, défendons-la, bec et ongles, avant que l'anglais, ce langage primaire, ne nous la confisque.

Parlons, écrivons, jusqu'à plus soif et jusqu'à l'usure complète de nos claviers ou de nos doigts, faisons l'éloge de cette belle langue que nous parlons beaucoup et tentons d'écrire… enfin si peu !

Si vous qui êtes comme moi ! N'hésitez pas en disant « Ce n'est pas pour moi ! » L'écriture n'est pas le privilège d'initiés, c'est une façon de s'exprimer qui dort en vous, réveillez-la, vous serez surpris et elle ne se rendormira jamais !


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